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Comment un objet funéraire est-il devenu un objet de luxe ? Les Tanagras, découverts au XIXème ne correspondaient pas à l’idée qu’on avait d’un objet « antique » au XVIIIème. L’époque leur fut favorables : les expositions et les publications étaient très nombreuses et permirent de faire connaître ces objets archéologiques qui devinrent par la suite des objets d’art. Le phénomène fut récupéré par divers mouvements artistiques ; personne n’était d’accord sur leur fonction première : avaient-elles une fonction religieuse ou tout simplement décorative ? La bourgeoisie fut charmée par ces délicates représentations de la grâce féminine. Les collectionneurs bourgeois se distingue de l’aristocratie par l’exclusivité dont ils font preuve : seuls les Tanagras les passionnent. Les marchands athéniens servaient de relais entre les paysans qui découvraient ces statuettes dans leurs champs et les acheteurs. Ils s’occupaient même parfois de certaines fouillent qui étaient réalisées de manière peu scientifique et la provenance de l’objet restait souvent inconnue. L’engouement pour ces figures de terre cuites fut tel que lorsque le Louvre voulut en acheter, il emprunta l’argent nécessaire à l’achat pour pouvoir devancer les collectionneurs. Il fut le premier musée à faire l’acquisition de Tanagra en 1872. Les collectionneurs, les musées mais aussi des particuliers anonymes, amateurs occasionnels se prirent de passion pour les Tanagras. Pour répondre à la demande grandissante, on n’hésita pas à fabriquer des Tanagras à la chaîne en les moulant sur des œuvres originales et certains faux se vendaient plus chers que les originaux. Peu à peu ces figures furent supplantées par de nouveaux modèles de statuettes en terre cuite inspirées des Tanagras mais aussi de découvertes faites en Asie Mineure. Ces œuvres étaient d’un style plus libre et plus complexe mais elles ne firent que s’insérer dans un marché de l’art initié par les figurines de Béotie.
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